Lancée, au printemps 2003, par le président américain Georges W. Bush, l’initiative du Broader Middle East concerne les 22 pays membres de la Ligue des Etats arabes (LEA) ainsi que cinq pays musulmans non arabophones (comme le Pakistan par exemple).
Ce projet a d'abord été accueilli avec réserve tant du côté européen que des pays concernés. Cependant, à l'occasion du Sommet de Sea Island, il a été entériné après avoir pris en compte largement les principales préoccupations des membres européens du G 8 et de certains chefs d'Etat du "Moyen-Orient" invités à cette occasion.
Ce projet a été rebaptisé BMNA "Broader Middle East and North Africa" ou "Partenariat pour le progrès et un avenir commun". De leur côté, les pays arabes, à l'occasion du Sommet de Tunis de la LEA en mai 2004, ont défini un programme de réformes qui fait écho à ce projet.
Le processus de réforme, notamment celui de la démocratisation dans le monde arabe, constitue un second axe d’étude et d’analyse de l'unité Maghreb / Moyen-Orient de l'Ifri.
Ce processus apparaît tout à la fois nécessaire et irrésistible. Il reste encore lent, semé d’obstacles, ne touche qu’un nombre limité de pays et peut avoir un effet fragilisant sur les régimes en place, pouvant contribuer notamment à la prise de pouvoir par des mouvements islamistes. L’Ifri s’attachera à évaluer si les évolutions amorcées sous la pression interne (opinion publique, société civile, médias arabes) et externe (Etats-Unis, Union européenne, rapports du Pnud) vont se développer ou, au contraire, provoquer des réactions déstabilisatrices ? Dans cette perspective, les politiques menées par les pays extérieurs à la région, notamment les Etats-Unis et l'Union européenne, à travers le Partenariat pour la paix et le processus de Barcelone, sont plus spécialement suivies.
Dans cette optique, l’équipe de l’Ifri, apporte une expertise indépendante fondée sur une connaissance intime de cette zone, produit et réalise des études, publie des analyses sur l’évolution démocratique du monde arabe et musulman.
Voir, à ce sujet, l'ouvrage co-dirigé par Rémy Leveau : "Monarchies arabes : transitions et dérives dynastiques" (La documentation Française, 2002) et également sur la problématique de la conditionnalité politique :
Dorothée Schmid, "Linking Economic, Institutional and Political Reform: Conditionality Within the Euro-Mediterranean Partnership", EuroMeSCo Paper n°27,
Et "The use of Conditionality in Support of Political, Economic and Social Rights : Unveiling the Euro-Mediterranean Partnership’s True Hierarchy of Objectives?", Mediterranean Politics, vol.9, n°3, Autumn 2004, p. 396-421.
Sur les stratégies européennes de démocratisation en Méditerranée :
Dorothée Schmid, " Le Partenariat, une méthode européenne de démocratisation en Méditerranée ? ", Politique étrangère n°3, Automne 2005, p. 545-557.
Et " L’avenir politique du Partenariat euro-méditerranéen : les dilemmes démocratiques ", Politorbis n°2, 2005.