D’une part, les ambitions nucléaires de la République islamique sont au cœur des préoccupations de la communauté internationale. En effet, si les visées du programme nucléaire sont officiellement pacifiques, l’Agence internationale de l’énergie atomique demeure sceptique sur sa nature exclusivement civile. Dans le cas où les ambitions de l’Iran dans le domaine du nucléaire militaire venaient à se confirmer et à se réaliser, le territoire iranien serait certes "sanctuarisé" mais l’équilibre stratégique de la région serait alors durablement remodelé et le système international de lutte contre la prolifération menacé.
D’autre part, l’élection "surprise" du nouveau président iranien au mois de juin 2005, Mahmoud Ahmadinejad, un néo-conservateur, pourrait également provoquer une dégradation dans les relations entre la République islamique et la communauté internationale. Si l’un des enjeux des élections était bien une ouverture plus grande du régime vis-à-vis de l’Occident et plus particulièrement des Etats-Unis, force est de constater que c’est le parti le moins conciliant qui l’a emporté.
Enfin, l’IFRI privilégiera l’analyse de la politique irakienne de l’Iran : les récentes interventions militaires conduites sous l’égide américaine en Afghanistan (2001) et en Irak (2003) ont incontestablement renforcé le leadership régional de l’Iran. Il s’agira d’envisager cette situation géopolitique nouvelle à l’aune de la nouvelle situation politique iranienne. La militarisation du régime ainsi que l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle génération à Téhéran pourraient-elles remettre en cause la politique d’apaisement de l’Iran dans la crise irakienne ?