Avant de présenter le sujet abordé par chacun des textes, il convient de rappeler que les analyses d’opinion publique peuvent être abordées par deux méthodes différentes (et complémentaires) :
- la première consiste à interroger sur un questionnaire fermé (mais préalablement testé) un échantillon représentatif de la population. Il est bien connu que la précision des résultats dépend, pour les grandes populations de la taille de l’échantillon et non du pourcentage de la population qu’il représente. La limite de cette approche est qu’elle permet difficilement de comprendre dans quel contexte les individus envisagent-ils les réponses qu’ils donnent aux questions.
- La deuxième méthode a recours à des entretiens individuels longs, sur une liste de thèmes ouverts ou semi-ouverts , qui sont en relation avec le sujet. Cette approche ne peut porter sur des échantillons représentatifs, mais sur de petits échantillons suffisamment diversifiés pour que l’on y retrouve les attitudes principales existant dans la population. Elle offre en revanche une compréhension beaucoup plus riche de la formation et du contenu des opinions.
Les trois premiers textes de cette monographie s’appuient sur des matériaux provenant essentiellement de la première méthode , le quatrième illustre la seconde approche.
Le premier texte dû à J. Lesourne commente les résultats de l’enquête Eurobaromètre réalisée au début de 2007 par la Commission de l’Union Européenne .Il s’intéresse plus particulièrement à la comparaison France-Allemagne et en conclut que l’état de l’opinion publique ne suffit pas à comprendre la politique d’un pays à l’égard du nucléaire. Interviennent aussi la loi électorale, la structure des partis, la nature des coalitions gouvernementales (s’il y a lieu) , les positions et la force des principaux groupes organisés. Des attitudes relativement proches au sein des opinions publiques peuvent de ce fait engendrer des situations très différentes au niveau des politiques.
Le deuxième texte est dû à J.Falter, Professeur à l’Université de Mayence présente une synthèse des des enquêtes concernant l’Allemagne.
Le troisième est dû à R. Davoust est une revue des principales études nationales réalisées dans des pays de l’Union Européenne et disponibles.
Enfin, le quatrième texte que le programme Energie de l’IFRI publie avec l’accord de l’auteur et des administrations commanditaires est un extrait d’une étude de Philippe d’Iribarne, Directeur de recherche au CNRS sur les Français et les déchets nucléaires. Ce texte permet de comprendre la nature des analyses auxquelles donne accès la seconde méthode.
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