Les enjeux du développement figurent au cœur du programme de négociation de Doha (2001). La conférence de Cancún (2003) avait révélé une nouvelle configuration des alliances au sein de l’OMC, bousculant les anciennes coalitions dominantes autour desquelles s’articulait le clivage " Nord-Sud " - " Quadrilatérale " (UE, Japon, Etats-Unis, Canada), Groupe des 77 (pays en développement), groupe de Cairns (exportateurs agricoles). Le G20 rassemble - autour des grandes puissances économiques émergentes du Brésil, de l’Afrique du Sud, de l’Inde et la Chine - un front de pays en développement dénonçant principalement le protectionnisme agricole des pays développés. Le G90 fédère les revendications des pays les moins avancés, des pays ACP et des pays africains, pour adapter les règles commerciales à leur niveau de développement.
Ces nouveaux groupements se sont imposés comme interlocuteurs politiques crédibles. Mais leur cohérence économique, leur solidité, leurs capacités de compromis, leur influence dans la dynamique de négociation demeurent difficiles à apprécier. Le G20 représente-t-il ses grands leaders ou l’ensemble des PED ? Ses objectifs sont-ils exclusivement agricoles ou vont-ils au-delà ? Le G90 réunit-il surtout les pays les plus vulnérables aux risques de déstabilisation économique susceptibles de résulter d’une libéralisation multilatérale (érosion des préférences commerciales, sécurité alimentaire) ? Le G20 et le G90 peuvent-ils coopérer et définir des objectifs communs de développement pour la conclusion du cycle de Doha ?
Le mois de juillet 2005 représentera une étape charnière de la préparation de la conférence ministérielle de Hong-Kong, si les membres de l’OMC parviennent à s’entendre sur une "première approximation" du résultat à atteindre pour espérer conclure le cycle en 2006. Les discussions se concentrent aujourd’hui sur les enjeux classiques de l’accès au marché. Mais le traitement des questions de développement demeure prioritaire : or peu de progrès ont été enregistrés depuis Cancún sur les dossiers emblématiques du coton et du médicament, ni sur les grandes questions du traitement spécial et différencié des PED.
L’IFRI et le CEPII organisent un débat sur la " feuille de route " de préparation des négociations de Hong-Kong. Après une première réunion (11 mars) consacrée aux objectifs français et européens, ce second débat traitera : (1) des intérêts économiques et objectifs du monde en développement dans les négociations ; (2) de la stratégie et du " mode d’emploi " du G20 et du G90 dans les négociations. Il réunira des négociateurs et des économistes du développement.
Son Excellence M. José Alfredo Graça Lima, Ambassadeur du Brésil auprès de l'Union Européenne.
M. Eloi Laourou, Conseiller, Mission permanente du Bénin auprès de l’OMC et des Nations Unies.
M. Alfredo Tovias, Chaire Jean Monnet, Université Hébraïque de Jérusalem et Chercheur Invité au CEPII et au Centre de Développement de l'OCDE
M. Pierre Defraigne, Directeur d’Eur-IFRI, ancien Directeur Général Adjoint du Commerce Commission Européenne
Le débat sera animé par Jean-Marie Paugam, Chercheur Senior à l’IFRI.
Inscriptions auprès de Marie-Claire Bani Amer par fax: 01 40 61 60 60 ou par e-mail : baniamer@ifri.org
Pour toute information, s'adresser à Marie-France Feigenbaum – tél : 01 40 61 60 73 ou