La création de l'Ifri en 1979 par Thierry de Montbrial a pour objectif de combler une lacune dans le paysage français en matière de relations internationales.
Alors que, dans les années 50 et 60, les premiers think-tanks indépendants s'étaient développés en Europe, le système français, très centralisé, était resté à l'écart du mouvement. Le Centre d'études de politique étrangère (CEPE), créé en 1935 par des universités françaises et le Carnegie Endowment for International Peace demeurait très dépendant d'un soutien public et n'avait pas réussi à prendre son essor.
En 1973, le ministre des Affaires étrangères Michel Jobert confie à Thierry de Montbrial, élu professeur titulaire à l'Ecole Polytechnique la même année, la mise sur pied d'une nouvelle structure dédiée à l'analyse du système international à l'intérieur du ministère, le Centre d'Analyse et de Prévision (CAP). La tâche du CAP est d'effectuer des analyses prospectives sur divers aspects des relations internationales et de présenter au ministre des options à moyen-terme pour la conduite de la politique extérieure. Les liens noués alors par Thierry de Montbrial avec ses homologues et les dirigeants des fondations et instituts étrangers travaillant dans le domaine des relations internationales, le confortent dans un projet qui lui est cher : créer un centre de recherche et de débat indépendant des pouvoirs publics, afin d'enrichir et de renouveler la réflexion sur les relations internationales en France.
Thierry de Montbrial s'attache à obtenir l'aval de l'Etat pour transformer le CEPE en un véritable think-tank. Il reçoit le soutien du premier ministre Raymond Barre ainsi que des ministres des affaires étrangères, Louis de Guiringaud et de son successeur Jean François-Poncet. Le 19 janvier 1979, le Conseil d'administration du Centre, alors présidé par Louis Joxe, avalise la création de l'Institut français des relations internationales.
L'Ifri se fixe quatre objectifs : mener des programmes de recherche policy-oriented ; contribuer à l'accroissement du rôle de la société civile dans les relations internationales ; encourager une interaction constructive entre les pouvoirs publics, les milieux industriels et financiers et la communauté des chercheurs ; développer la présence de notre pays dans les enceintes internationales de recherche.
Afin de garantir l'indépendance de l'Ifri - inscrite dans ses statuts - et dans une démarche alors originale en France, Thierry de Montbrial se tourne vers le secteur privé. Il propose aux responsables économiques et financiers - acteurs clefs des relations internationales - un partenariat dans le cadre duquel l'Ifri met à leur disposition des éléments de réflexion susceptibles de contribuer à l'élaboration de leur stratégie. De nombreuses entreprises se rallient à cette initiative.
Les premiers soutiens étrangers viennent de la Fondation Ford dont le concours permet le lancement d'un programme de recherche à long terme.